17.03.2009

Entretien avec Gérard Andreck, Président du Gema

GEMA.JPGSource : revue du Gema Actualités, Mars 2009.

Globalement, comment les mutuelles du GEMA traversent-elles la crise financière mondiale actuelle ?

Les mutuelles du GEMA n’y sont pas insensibles. Néanmoins, il est impossible, surtout à ce stade de l’année où tous les comptes ne sont pas encore arrêtés, de dresser un bilan exhaustif du coût de la crise pour nos adhérents. Permettez-moi de souligner que l’impact de la crise varie en fonction des normes comptables utilisées. Parmi les mutuelles françaises du GEMA la plupart établissent leurs comptes en normes locales, mais certaines sont passées aux normes IFRS. Le choix de la norme comptable est déterminant parce que la crise
affecte d’abord les actifs des sociétés d’assurance et, vu l’ampleur de la chute des cours de bourse, la valeur portée au bilan au 31 décembre 2008 influe directement sur la perception que l’on a de la crise.


Quelle est votre évaluation de l’impact de la crise sur les secteurs assurance non-vie et assurance vie ?

En assurance non vie, les fondamentaux du métier semblent stables. Le temps où les produits financiers compensaient les pertes techniques (l’excès de sinistres par rapport aux primes) est derrière nous. La crise va probablement avoir des conséquences sur les résultats, même si en auto les chiffres de la sécurité routière s’annoncent plutôt bons.* En assurance vie, les assureurs ont dû affronter en 2008 la concurrence –que d’aucuns qualifieront de déloyale compte tenu d’une fiscalité favorable- des livrets défiscalisés et à rémunération élevée. La baisse du rendement de ces livrets à 2,5% paraît être une plus juste rémunération pour un produit sans risque et totalement liquide. Nous pensons que la crise va entraîner une discrimination sur les rendements notamment aux dépens de ceux qui ont investi dans des produits risqués. Les assureurs qui ont incité leurs assurés à investir et à rester dans des fonds sécurisés en euros s’en sortiront certainement mieux. Ils ont pu constituer des PPE les années passées qu’ils pourront redistribuer aux assurés dans les années à venir. Ainsi, les rendements des contrats en euros 2008 ont été plus que corrects.

Le gouvernement a pris en fin d’année 2008 un certain nombre de mesures d’ordre comptable pour atténuer le choc boursier. Quelle est la position du GEMA sur ces mesures ?

Globalement, les mutuelles du GEMA ne réclamaient pas de mesures comptables particulières, celles prises il y a 5 ans semblant suffire. La plupart des mutuelles du GEMA n’ont d’ailleurs pas utilisé ces nouvelles facilités. Ainsi, si les marchés remontent, elles profiteront à plein du rebond ; si le marché se dégrade à nouveau, elles n’auront pas à cumuler les pertes de 2008 (non encore comptabilisées) et les nouvelles de 2009 ! Au final, les comptes de l’exercice 2008 devraient rester positifs dans la plupart des mutuelles françaises du GEMA, même s’ils sont en deçà des résultats 2007. Les mutuelles du GEMA tirent aujourd’hui avantage de leur gestion financière prudente et abordent l’exercice 2009 sans handicap attaché à l’exercice 2008.

Quelles sont les perspectives d’activité des mutuelles du GEMA pour 2009 ?

En assurance non vie, les mutuelles devraient ressentir les effets du ralentissement de la consommation sur leur production. Il faut espérer que la sinistralité se stabilisera elle aussi -même si le début de l’année a déjà été marqué par plusieurs tempêtes- et que la solidité de nos réassureurs se confirmera. En assurance vie, il faut probablement distinguer l’évolution du chiffre d’affaires et les résultats comptables. On peut escompter, qu’après une fin d’année morose, l’assurance vie retrouve quelque attrait en 2009, en tant que produit d’épargne sécurisé et rentable. Au niveau des résultats comptables, ils seront étroitement dépendants de l’évolution des taux d’intérêt à long terme et des cours de bourse. On ne peut écarter qu’une hausse de la collecte des contrats en euros n’oblige certains opérateurs à devoir augmenter leurs fonds propres, puisqu’ils ne bénéficieront plus d’un matelas de plus-values latentes pour répondre aux exigences réglementaires.

*bilan provisoire 2008 de l’insécurité routière pour la France métropolitaine : 73 390 accidents corporels,
4 274 personnes tuées et 91 669 blessés-par rapport à 2007,
- 9,7 % d’accidents, - 7,5 % de personnes tuées,
- 11,2 % de personnes blessées.

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