10.02.2009

C’est dans les temps difficiles que l’on découvre ses propres forces

"Si les recapitalisations ont concerné à ce jour de nombreuses banques, elles n’ont touché aucun assureur en France. Les effets de la crise n’ont pas remis en cause notre modèle et le président de l’Acam, Philippe Jurgensen, a déclaré récemment que « la place assurantielle française est solide et plus solide qu’ailleurs ». Nous ne pouvions cependant pas sortir entièrement indemnes d’un tel choc. La baisse des marchés boursiers, couplée à l’inversion de la courbe des taux, a rendu très attractifs les placements à court terme. La collecte nette de l’assurance vie s’en est évidemment ressentie.
Elle a baissé en 2008, passant même dans le rouge, pour la première fois depuis 1997, en octobre et en décembre. Parallèlement, les dépréciations d’actifs subies par les sociétés d’assurances pèsent sur leurs résultats et leurs marges de solvabilité.


Le rôle stabilisateur de l’assurance

Si notre société a connu pour l’instant moins de chocs que les États-Unis, les choses risquent d’être plus tendues à l’avenir quand les conséquences de la décroissance économique voire de la récession se mesureront en termes de résultats des entreprises, d’emploi, de déficit des régimes de protection sociale, et de défiance envers la capacité des politiques publiques à réenclencher une reprise durable. C’est dans ce contexte difficile que l’assurance aura un rôle déterminant à jouer. Le secteur, en organisant la protection des entreprises, des personnes et des épargnants, entretient l’activité. Il participe activement au financement à moyen et long terme de l’économie : 52 % des actifs des assureurs sont investis dans des titres d’entreprises, 34 % dans des obligations d’État et 23 milliards d’euros ont été placés dans des PME innovantes. Chaque année, l’assurance vie draine l’épargne vers des placements utiles qui irriguent l’ensemble de l’économie. Cela sera encore plus vrai en 2009, lorsque les entreprises – comme l’État – auront besoin d’émettre des titres pour financer respectivement leur développement et les mesures de relance.

Sécuriser l’épargne longue

L’assurance vie constitue donc l’un des éléments importants de la santé de notre économie.Or, sous l’effet de la taxe de 1,1 % finançant le RSA et de l’attrait pour les placements liquides de court terme, son encours, qui ne s’est pas développé en 2008, pourrait stagner, voire régresser, en 2009. Pour rendre l’assurance vie plus attractive, nous préconisons d’instaurer une fiscalité zéro sur les plus-values des contrats détenus au moins d ouze ans. Ceci assurerait un levier de financement à l’économie tout en soutenant les grandes sociétés françaises. Préserver la confiance des épargnants et des acteurs économiques sera en tout état de cause la priorité de la FFSA cette année.

Les autres chantiers prioritaires

La crise ne doit cependant pas nous faire oublier les autres chantiers majeurs pour notre profession, et plus largement les enjeux à long terme, essentiels pour la société française. 2009 devrait voir aboutir le projet de loi sur la dépendance. Sur un plan plus technique, Solvabilité II sera également à l’honneur au niveau européen. Enfin, je souhaite que l’assurance retrouve toute sa place pour enrichir le débat public.
Secteur transversal s’il en est, la profession a vocation à agir de plus en plus en apporteur d’idées et comme un interlocuteur de confiance avec les pouvoirs publics et les représentants du corps social".

De Bernard Spitz, président de la Fédération Française des Sociétés d'Assurance (FFSA, Lettre Assurer de février 2009).