05.02.2009

Covéa prévoit les tempêtes pour mieux servir ses assurés

Covéa.JPGAvec Coventéo, le groupe qui fédère GMF, Maaf et MMA dispose d'un outil de prévision lui permettant d'anticiper les événements climatiques pour mieux gérer les sinistres, et in fine améliorer la qualité de services. Hier, le nord de la France a failli être balayé par une tempête aussi dévastatrice que celles des 26 et 28 décembre 1999, qui avaient entraîné 3 millions de déclarations de sinistres et coûté 7 milliards d'euros aux assureurs. Trois jours avant que Météo France n'évoque l'hypothèse de vents nettement supérieurs à la normale, les équipes de Covéa avaient déjà une idée précise du trajet de la tempête, de ses conséquences en termes d'endommagement, et du cadencement des déclarations de sinistres, au code postal près. Ce pour tous les assurés des portefeuilles GMF, Maaf et MMA, les trois enseignes du groupe.


Un plan d'intervention exceptionnel était prêt à être déclenché, afin d'éviter le double engorgement - au niveau des déclarations de sinistres, et des réseaux d'experts et de réparateurs - classique en cas d'événement climatique de grande intensité. Les alertes ont été levées, mais cet exercice grandeur nature a permis à Covéa de valider la pertinence de Coventéo, son nouvel outil de gestion des événements climatiques. « C'est la première fois de l'histoire de l'assurance qu'un assureur peut annoncer en amont le sinistre à son client », résume Michel Gougnard, directeur général délégué de Covéa AIS, la structure qui gère les sinistres de GMF, Maaf et MMA.

L'enjeu est de taille. D'abord parce que la concurrence entre assureurs porte moins sur les produits que sur leur qualité de service. « La tornade d'Haumont d'août dernier nous a rappelé que la valeur ajoutée de l'assureur réside avant tout dans sa capacité à reloger rapidement l'assuré dans des conditions de réparation intégrale, plutôt que dans les abandons de franchise ou d'exclusions prévues dans les contrats », rappelle Michel Gougnard.

Ensuite, parce que les assurés sont beaucoup moins indulgents qu'en 1999 avec leur assureur, notamment en matière de gestion de sinistres. « Les événements climatiques sont devenus un des moments forts de preuve de notre qualité de service, où l'on peut générer de l'extrême satisfaction, mais aussi de l'extrême déception », illustre François Josse, directeur du pôle performance IARD.

Cet outil de prévision est sans équivalent, en France comme à l'étranger. « Les principaux modèles de marché utilisés par les assureurs et les réassureurs - AIR, Equecat et RMS - ont une approche beaucoup plus globale des événements climatiques, sans incidence en termes d'efficacité opérationnelle vis-à-vis du client en cas de sinistre », explique François Josse. Coventéo rapproche une carte d'écoulement des vents, construite avec Agate France, le prestataire à qui Covéa achetait jusqu'à présent ses données météo (moyennant 90.000 euros par an), et un modèle d'endommagement, assis sur une cartographie très précise du fichier clients. Coventéo est le fruit de 2 ans de réflexion, et de 6 mois de travail sur le modèle. Le tout pour un investissement quasi nul, si ce n'est l'embauche d'un jeune « géomaticien ».

Mais l'objectif premier de Coventéo reste la satisfaction du client, qui sera bientôt prévenu par SMS de l'imminence d'une tempête. « C'est un outil de progrès qui est à 90 % destiné aux assurés, même si les 10 % restants ont un impact économique loin d'être négligeable », assure Michel Gougnard. Au-delà de la gestion des sinistres, Covéa en attend d'autres bénéfices, sur le calcul des primes tempêtes, sur la sélection et la surveillance du portefeuille, sur le calcul des primes tempêtes et le provisionnement, ou encore sur l'évaluation des besoins de la réassurance. Parallèlement, Covéa travaille activement à un modèle pour les inondations, au coude-à-coude avec AXA.
(source : Les Echos)